Autodesk le logiciel qui fait mal

La machine peut-elle remplacer l’homme ? Pour les basses tâches, dites ig-nobles, oui. La machine porte et travaille mieux que l’homme, qui peut ainsi libérer son bras pour se concentrer sur des tâches plus nobles, plus abstraites, en corrélation avec le cerveau. C’est la loi de l’évolution appliquée à l’homo faber, l’homme travailleur.

L’effort, en quelques centaines de milliers d’années (disons 750 000 depuis les néandertaliens) est remonté de la main au bras, puis du bras à la tête. Aujourd’hui, de plus en plus, la machine remplace l’homme pour le travail physique (sauf en Inde), et l’homme ne fabrique presque plus d’objets manu-facturés : ils sont désormais mécano-facturés.

La question se pose : peut-on remplacer le travail cérébral ? Soulager le cerveau de ses taches ig-nobles, ou peu intéressantes ? Oui, cela se fait et cela s’appelle «la mémoire de l’ordinateur». Mais peut-on aller plus loin et imaginer une machine qui effectue un travail beaucoup moins répétitif, plus intelligent ? Oui, cela s’appelle un «logiciel» et ça avance très vite dans le domaine de l’IA, l’intelligence artificielle. voire le transhumanisme, cet hybride homme-machine, qu’on appelle aussi l’homme augmenté. Google s’est payé les meilleurs bio-ingénieurs du monde pour travailler dessus…

Pour ce qui nous concerne, en revenant un peu sur terre, la sortie du logiciel Autodesk a mis le feu aux poudres chez les architectes. Comme la mémoire d’un ordinateur aujourd’hui permet d’intégrer des millions ou des milliards de données (des terra octets), de possibilités ou de schémas – on pense aux logiciels d’échecs qui battent depuis Deep Blue tous les grands joueurs, qui d’ailleurs ne se mesurent plus avec mais qui s’en servent pour avancer dans la théorie –, les concepteurs d’Autodesk annoncent que l’analyse de tous les design possibles permet de sortir le meilleur d’entre eux selon un cahier des charges donnés. Traduction : adieu matière grise humaine, celle de l’architecte.

Sauf que les «design» en question avancés par le constructeur sortent tous de… de la tête d’architectes ! Ce sont donc des créations de l’esprit et de ce fait, entrent dans le domaine sinon des brevets, au moins celui de la propriété intellectuelle. Voilà pourquoi les archi en question parlent de «pillage» littéral. Car la machine n’invente rien : elle recrache peut-être la meilleure solution, mais parmi les solutions qu’on lui a mis dans le bec. Elle ne peut donc produire que de l’existant alors que le professionnel, lui, produit chaque jour du nouveau en fonction de cahiers des charges toujours plus précis, complexes et au final enrichissants.

 

Voici le mot d’ordre de la pétition de l’UNSFA (Union des architectes) :

Si, comme nous, vous êtes convaincus que la créativité humaine doit primer sur l’intelligence artificielle, et que vous voulez que les architectes continuent à concevoir le cadre bâti, signez et faites signer cette pétition « je m’oppose au pillage des données stockées dans le cloud, que ce soit celui d’AUTODESK ou d’un autre».

 

Liens :

https://www.autodesk.fr/

https://syndicat-architectes.fr/actions/petition-autodesk/

 

Illustrations :
Freepik
Archjoe / Freepik

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